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Acclimatation 1




Altitude, facteur de dégénérescence


L'homme n'a pas les prédispositions naturelles pour vivre d'une façon permanente en haute altitude (4300m est l'altitude limite de l'habitat permanent). Pour effectuer un séjour prolongé au-delà de 3500m, il sera nécessaire au marcheur, au grimpeur, de s'acclimater, de s'adapter, afin d'y survivre. Le processus d'acclimatation prend quelques jours mais il est nécessaire pour que s'organisent les modifications qui vont lui permettre de résister aux privations. Dans ce domaine, il n'y a pas de surhomme et chacun ressentira les effets de l'altitude sur son corps. L'acclimatation du corps à l'altitude est donc une nécessité vitale pour tous. Un corps déjà préparé par une activité physique répondra mieux aux sollicitations de l'environnement. Mais quoi qu'il soit, une montée trop rapide en haute altitude (au dessus de 3000m) provoque des disfonctionnements dans l'organisme et menacent les fonctions vitales. Ils sont la résultante d'un manque d'oxygène et de la baisse de la pression atmosphérique.

L'homme a besoin de l'oxygène contenu dans l'atmosphère pour vivre. En altitude, ce gaz moins présent provoque des désordres physiologiques. Le corps met en place, en 6/8 jours, des dispositifs de sécurité qui vont permettre au corps de résister. C'est l'acclimatation. L'oxygène présent dans l'air respiré passe des alvéoles pulmonaires au sang parce que la quantité d'oxygène (pression d'oxygène) dans les alvéoles est supérieure que celle dans le sang. Que ce soit en haute altitude ou au niveau de la mer, la composition de l'atmosphère est identique. Seule la pression de l'oxygène (quantité de molécules d'oxygène dans un volume donné) est réduite dans une proportion identique à la pression atmosphérique. A 5500 m, la pression atmosphérique et la pression de l'oxygène est 50 % plus faible qu'au niveau de la mer. Si les globules rouges sont quasi saturés en oxygène au niveau de la mer (95%), il n'est pas de même en altitude (70% à 5500m). Dans ces conditions, l'oxygène transporté par le sang sera moindre pour une même demande des tissus (muscles, organes,…). Une augmentation du rythme respiratoire accroîtra cette pression d'oxygène dans le sang mais n'égalera pas les valeurs de celle du niveau de la mer. Tous les tissus et organes du corps devront fonctionner avec une pression d'oxygène dans le sang plus basse alors que consommation d'oxygène par le corps en haute altitude restera le même qu'au niveau de la mer.

Un séjour prolongé au dessus de 5500 m provoque une dégradation plus ou moins rapide de la condition physique et n'améliore en rien l'acclimatation . L'acclimatation doit être déjà effective à cette altitude. A 5500m, le volume de sang pompé par minute par le cœur est plus bas qu'à des hauteurs inférieures. De plus, le rythme cardiaque maximal que le cœur pourra atteindre sera diminué. A haute altitude, la charge d'oxygène dans les globules rouges sanguins sera incomplète provoquant une fatigue et demandant de fréquents arrêts dans la progression. L'effort diminue la saturation d'oxygène dans le sang alors que les arrêts l'augmentent. Si un effort au niveau de la mer demande une consommation minime (5%) d'oxygène pour faire fonctionner les muscles de la cage thoracique et le diaphragme, en haute altitude, ce volume utilisé uniquement pour la partie mécanique de la fonction respiratoire augmente nécessitant, rien que pour assurer ce réflexe, une élévation du rythme de la respiration.

Une ascension rapide en haute altitude s'accompagne d'une diminution du volume de sang dans le système circulatoire parce que les fluides qui y sont contenus quittent les vaisseaux sanguins pour se concentrer dans les tissus et les cellules. Le sang devient plus épais. Ce déficit peur durer plusieurs semaines. L'amplitude de ce déficit dans le circuit sanguin peut aller de 5 à 10% du volume au niveau de la mer.


Une diminution de la quantité de sang oxygéné durant la nuit est reconnue comme une des causes importantes de MAM. Si durant la journée, l'accélération de la respiration compense la baisse en teneur d'oxygène du sang (70 % de saturation), la diminution du rythme respiratoire durant la nuit est plus marquée et la saturation reste à des niveaux assez bas. Cette hypoxie provoque une perte de sommeil et peut aussi expliquer pourquoi les maux de tête et autres symptômes du MAM sont plus importants tôt le matin et pourquoi les œdèmes pulmonaires surviennent souvent durant la nuit. L'acétazolamide (Diamox) ne changerait pas la valeur de la saturation d'oxygène dans le sang mais limiterait son déclin durant le sommeil, alors que les barbituriques, les sédatifs, les tranquillisants et autres drogues intensifieraient le sommeil hypoxique. Ce sommeil hypoxique diminue probablement les performances physiques durant la journée. C'est également pour cela qu'il vaut mieux dormir plus bas que la hauteur maximale atteinte dans la journée.

En dessous de 2400 m, les cas de Mal Aigu des Montagnes (MAM) sont rares.
Entre 2400 m et 4300 m, la majorité des cas de MAM apparaît dans ce palier.
Entre 4300m et 5500m, une ascension rapide sans acclimatation appropriée est dangereuse voir fatale.
Entre 5500m et 8800m, les grimpeurs sont "normalement" acclimatés.