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Acclimatation 2




La physiologie de l'acclimatation


N'étant ni docteur, ni chimiste, ni scientifique, les explication données ci-dessous proviennent d'un document en anglais : Medecine for mountaineering.

L'homme peut survivre à 5500m et être toléré à 8000 sans avoir recours à l'oxygène. Cela démontre sa capacité à s'adapter ou à s'acclimater à la haute altitude. Les processus les plus spectaculaires dans l'acclimatation sont l'augmentation du volume respiratoire, l'augmentation de la pression sanguine dans l'artère pulmonaire, l'augmentation du rythme cardiaque, l'augmentation des globules rouges, l'augmentation de la capacité des échanges gazeux et la transformation des tissus de l'organisme pour permettre un fonctionnement normal dans des conditions de basse pression. Une montée à haute altitude trop rapide ne permettra pas à tous ces processus de se mettre en place, provoquant des troubles sévères pouvant entraîner la mort.

Augmentation du volume respiratoire

Le rythme des inspirations et l'expiration commence à augmenter dès 900 m et n'atteint de valeur constante que plusieurs jours après l'arrivée de la personne en haute altitude. Cette modification dans le rythme respiratoire est nécessaire afin d'apporter dans les alvéoles pulmonaires plus d'oxygène qui sera absorbé par le sang. Cette adaptation de la respiration devient plus évidente durant l'effort. Une personne arrivant en altitude constatera que sa respiration est plus courte même durant un effort minime.

Augmentation de la pression sanguine dans l'artère pulmonaire

Le corps s'adaptera à une baisse de la concentration d'oxygène dans les alvéoles pulmonaires en élevant la pression sanguine de l'artère pulmonaire. Grâce à cela, beaucoup de capillaires non utilisés dans des conditions normales vont être forcés de participer à l'échange gazeux, augmentant par incidence la capacité de la circulation sanguine pulmonaire à absorber d'oxygène.


Augmentation puis baisse du rythme cardiaque

Durant les premiers jours à haute altitude, le volume du sang pompé par le cœur au repos est plus élevé qu'au niveau de la mer afin de pourvoir à la demande de l'organisme en oxygène. Après 7 à 10 jours, ce rythme va baisser et tout effort demandera plus de temps pour être accompli.

Augmentation des globules rouges

Peu de temps après l'arrivée en haute altitude, une très légère augmentation du nombre des globules rouges est à constater. Cela est dû à la migration d'eau contenue dans le sang vers les tissus. Plus tard la production de globules rouges par la moelle des os va augmenter afin de pouvoir transporter plus d'oxygène. Le sang d'altitude contiendra plus de globules rouges qu'un sang au niveau de la mer.

Mutation dans l'échange gazeux.

Les globules rouges contiennent une enzyme diphosphoglycerate 2,3 qui facilite l'échange gazeux de l'hémoglobine vers les tissus. La concentration de cette enzyme dans le sang va augmenter durant la phase d'ascension. Cette augmentation va permettre à l'oxygène de passer plus facilement dans les tissus.

Mutation dans les tissus de l'organisme

Un séjour prolongé à haute altitude provoque des modifications physiologiques en chaîne afin de permettre aux tissus (muscles,...) d'absorber l'oxygène qui leur est nécessaire. Le nombre de capillaires alimentant les muscles augmente provoquant un afflux supplémentaire de sang (transportant la myoglobine) et une élévation du niveau d'oxygène intramusculaire. Ce processus augmente la concentration des enzymes intramusculaires oxydantes et une élévation du nombre de mitochondries, structure intracellulaire du muscle dans lequel l'enzyme oxydante est située.

Autres modifications

Le temps nécessaire pour s'acclimater à la haute altitude varie d'un individu à l'autre. Des facteurs génétique, physique (entraînement sportif régulier), chimique (prise de médicament, consommation de tabac,...) peuvent accélérer ou ralentir le processus. Les modifications biochimique et respiratoire sont normalement terminées après 6/8 jours. En contraste, l'augmentation du nombre de cellules rouges dans le sang demande 6 semaines pour atteindre 90% du maximum. Généralement, 80% de l'adaptation du corps à la haute altitude est effectué en 10 jours ; 95% en 6 semaines. Un séjour de plus de 6 semaines, augmente probablement la force et la taille des muscles utilisés dans le mécanisme respiratoire. Une plus longue période d'acclimatation donnera à peine un peu plus de tolérance à la haute altitude mais augmentera la force musculaire et l'endurance.

(Les symptômes et la prévention du MAM, de l'œdème cérébral, de l'œdème pulmonaire ont été traités dans les articles : Pathologies liées a l'altitude I, II, III)

Vous retrouverez toutes les explications sur ce sujet dans : Petit manuel de médecine de montagne (édition Glénat). Un petit bouquin indispensable (très complet) pour tous ceux qui pratiquent la montagne en Himalaya ou ailleurs.