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Hypothermie




Reconnaître l'hypothermie


2 types de température corporelle :

La température centrale (ou du noyau) correspond pour un humain à 37°. C'est la température des organes centraux. C'est celle qui se mesure et qui sera reprise ci-dessous.

La température de l'enveloppe correspond pour un humain à 33°. C'est la température des muscles, de la peau + graisse sous-cutanée.

L'hypothermie doit être diagnostiquée rapidement en connaissance des causes et de la rapidité avec laquelle elle peut se développer.

On peut diviser l'hypothermie en 2 catégories : l'hypothermie bénigne et l'hypothermie sévère. Qu'elle soit bénigne ou sévère, la personne affectée doit être prise en charge le plus rapidement possible et protégée.

L'hypothermie bénigne

L'hypothermie est bénigne lorsque la température du corps est comprise entre 37° et 32°. Tout grimpeur ou trekkeur doit être capable de reconnaître les symptômes d'une hypothermie bénigne car la victime est toujours capable de se tenir debout et de marcher même sans une assistance. Avoir une sensation de froid est le premier symptôme détectable surtout et particulièrement lorsque la personne affectée est active. A ce stade, des protections supplémentaires (bonnet, veste, fourrure polaire) peuvent suffire à la stopper. Si la température corporelle continue de descendre, la personne commence d'abord à perdre la coordination de ces mouvements manuels. La démarche va devenir ébrieuse. Les frissons persistants apparaissent dans tout le corps. Les défaillances intellectuelles sont plus notables ("non, non, tout va bien"). La personne devient apathique et ne se sent pas concernée par son état. La parole va devenir incohérente et la mémoire défaillir. Arrivé à ce stade, si aucune mesure de protection n'est prise l'hypothermie bénigne va devenir sévère.

Pour maintenir une température moyenne, le débit sanguin cutané sera de 300ml/mn. En survie, le débit sanguin se concentre sur la partie centrale. Au niveau de la peau (vasoconstriction), ce débit se réduite à 30ml/mn

La consomation d'oxygène se réduit de 7% par dégré perdu.

Symptômes à se souvenir (température du noyau):

Entre 37° et 35 °, sensation de froid, engourdissements, légers disfonctionnements musculaires (particulièrement dans la manipulation des objets), débuts de frissons.

Entre 35° et 34° , fatigue et mouvements désordonnés flagrants, marche ébrieuse, apathie, confusion.

Entre 34° et 32° , incoordination musculaire importante, incapacité d'utiliser les mains, lenteur d'esprit et prise de décision impossible, troubles de la mémoire.

L'hypothermie sévère

La température du corps passe en dessous 32°. Les frissons disparaissent petit à petit. C'est le premier signe qui dénote une hypothermie sévère. L'incoordination musculaire grandit et la personne affectée ne peut plus marcher sans assistance. Elle doit être évacuée le plus rapidement possible. Si sa température descend, la victime ne pourra plus se tenir debout même avec un appui. Les facultés intellectuelles se détériorent grandement (délire) et la personne n'a plus rien à faire d'une protection contre le froid. Se sentant chaude (un phénomène vasculaire - dilatation - apparaît dans les derniers moments, provoquant une ultime chaleur) elle vient à refuser tout habillement et protection. Finalement, la personne perd conscience puis devient comateuse et ne répond à aucune stimulation. Le rythme cardiaque et respiratoire ralentit au point de devenir indétectable.

Il apparaît également que fautes de soins apportés à des personnes ayant atteint ce stade et considérées prématurément comme mortes d'hypothermie, auraient pu être récupérées et sauvées. C'est seulement et uniquement après que tous les soins de réchauffement ont été apportés que la personne peut être considérer comme morte.


Symptômes à se souvenir :

Entre 32° et 30°, plus de frisson (le frisson peut disparaître sous l'effet de l'alcool, de l'épuisement, de l'hypoxie ou de médicaments), importante incoordination et rigidité musculaire, impossibilité de marcher, délires.

Entre 30° et 27°, importante rigidité musculaire, perte de contact avec l'entourage, stupeur. Dilatation des pupilles, désordre du rythme cardiaque et respiratoire. Mydriase

Entre 27° et 25°, coma. Coeur lent ou arrêté.

Entre 25° et 24°, arrêt cardiaque et respiratoire. Mort probable. Une personne en hypodermie sévère est considérée comme morte seulement si la mort est constatée après réchauffement du corps. Cette mort peut survenir à des températures du noyau plus élevées ou plus basses. En survie et à une température centrale de 25°, un arrêt cardiaque de 15mn ne provoquera pas de séquelle neurologique ; à 18°, c'est 30mn.

Une personne a survécu à une hypodermie accidentelle de 15°2 et à une hypodermie induite de 9° (ces cas sont toutefois exceptionnels).

Les gelures


Elles se classent en 3 degrés.

Gelures superficielles :

1er dégré :
Pâleur puis rougeur au réchauffement.
Sensibilité réduite
Se guérient en 3 ou 4 jours
Desquamation 1 semaine plus tard

2ème degré :
Pâleur puis rougeur au réchauffement
Cyanose
Cloque après 1 ou 2 jours
Sensibilité réduite ou nulle
Œdème modéré guérit en 2 semaines mais sensibilité au froid

Gelures profondes :

2ème degré profond et 3ème degré :
Grande pâleur (gelure rapide) ou cyanose (gelure lente)
Aucune sensibilité
Œdème important après réchauffement
Formation de cloques 1 ou 2 jours après
Evolution vers une nécrose des tissus cutanés
Amputation

Une nécrose à paraitre une dizaine de jours après la gelure marque la différence entre un 2ème degré superficiel et profond.

Facteurs générants la gelure :

Manque de condition physique
Fatigue importante
Déshydratation
Alcool, tabac
Immobilisation
Blocage de la circulation sanguine par compression (laçage, chaussures étroites)
Protection au froid inadaptée
Blessure
Antécédent
Maladie

Traiter la gelure :

En traitant les facteurs générants
En cherchant un abri
En enlevant les chaussures
En ôtant les chaussettes ou les gants humides
En réchauffant les parties atteintes (pas de friction, pas de chaleur directe)
En buvant du chaud
En prenant de l'aspirine (500mg) pour fludifier la circulation sanguine
Avec des bains à température constante de 37° + antiseptique

Si hypothermie combinée, il ne faut pas réchauffer la partie atteinte de gelure.
Ne pas réchauffer si un risque de gelure existe à nouveau.