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Pathologie Montagne 2




N'étant pas médecin, je reprends dans ces 3 articles les propos d'un petit fascicule très instructif ( Santé et Altitude - A.R.P.E. édité par la FFME, ENSA, CAF, Laboratoire Bayer Pharma en 2001) disponible gratuitement. Le sujet sera traité en 3 parties. Je vous donnerai les adresses à la fin troisième article.

La prévention du MAM


4 facteurs essentiels déterminent la survenue du MAM :

Altitude d'ascension
Altitude atteinte
Durée du séjour
Susceptibilité de l'individu

Les conseils sont énoncés sous forme de 3 règles d'or de la progression en altitude.

1) Ne pas monter trop vite trop haut
2) Monter suffisamment haut pour s'acclimater
3) Ne pas rester trop haut, trop longtemps

1) Ne pas monter trop vite trop haut

Cette règle est particulièrement effective en début de séjour, alors que l'acclimatation

Exemple 1 : 1ère nuit 3500m, 2ème nuit 4000m, 3ème nuit 4300m
Exemple 2 : 1ère nuit 3500m, 2ème nuit 4300m, 3ème nuit repos à 4300m

La montée en "dents de scie" peut être favorable à l'acclimatation, à condition qu'elle ne s'accompagne pas d'un effort excessif : dans l'exemple 1, la 1ère et 2ème nuit, on pourra passer un col à 4500m, puis redescendre pour dormir à 4000m. Par contre, monter un col en courant ou escalader une petite butte de 5000m à côté, n'ajoutera rien et fatiguera inutilement.

A chacun d'adapter son effort à ce qu'il ressent de son degré d'acclimatation : absence de maux de tête, bon appétit, bon sommeil sont les meilleurs signes d'une bonne acclimatation.

2) Monter suffisamment haut pour s'acclimater

Cette règle concerne essentiellement le choix (pas toujours possible) de l'altitude du camp de base dans une expédition. Selon l'objectif visé, il sera nécessaire d'établir un camp d'acclimatation : éventuellement pour un sommet supérieur à 7000m, l'altitude idéale pour ce camp se situe entre 4800 et 5000m. L'organisme à besoin d'avoir été confronte à une altitude suffisante pour stimuler correctement ses mécanismes de défense contre le manque de CO2. Ainsi, un séjour d'acclimatation prolonge à 4300m pour tenter un sommet de 8000m, ne sera pas favorable à une bonne performance.


3) Ne pas rester trop haut trop longtemps

L'homme n'est pas fait pour vivre au delà de 5500m. D'ailleurs, aucune population ne vit en permanence à ces altitudes. En effet, l'organisme s'y dégrade de façon irrémédiable (perte de poids, perte de muscle et vraisemblablement … de neurones) d'autant plus vite que l'on reste et surtout que l'on dort haut, d'autant plus vite que l'on réalise des efforts intenses. La prise d'aliments et surtout de boissons y est insuffisante.

Au total, un séjour en altitude se décompose en 4 phases successives dont la durée relative dépend essentiellement de l'altitude.

Phase blanche : pas de signes anormaux avant 4 à 8 heures après un gain d'altitude.
Phase d'acclimatation : quelques jours pendant lesquels on pourra souffrir du MAM et où se développeront les mécanismes d'acclimatation. S'abstenir d'y faire des efforts très intenses.
Phase d'acclimatement : C'est la phase optimale où l'organisme est acclimaté et encore performant : 1 à 4 semaines).
Phase de dégradation : l'organisme perd progressivement son efficacité, s'épuise pour des efforts de plus en plus faibles.

L'importance relative de ces phases dépend de l'altitude considérée. A partir d'environ 5000m, il existe toujours une phase de dégradation. Au delà de 7000m, la phase d'acclimatement est très courte.

(Sources : Santé et Altitude - ARPE - 5ème édition)